
Avril 2022.
Si vous avez pris la décision de vous engager dans une thérapie, que vous en ressentez le besoin pour vous-même ou que vous aimeriez aider un-e proche dans le besoin, cet article devrait vous aider. Je vais vous partager des informations qui pourront vous servir de points d’appui dans ce qui représente une recherche très intime : la recherche d’une relation psychothérapeutique.
C’est plus ou moins difficile au début de se lancer dans une thérapie, même lorsque l’on est sûr de vouloir en faire une. Il y a beaucoup de thérapeutes différent-e-s, beaucoup de méthodes différentes et une rencontre qui échoue peut être douloureuse, a minima décevante. En tant que patiente, j’ai un souvenir désagréable d’une première rencontre qui s’est mal passée, et tant qu’à faire, autant vous épargner ce désagrément !
Si mon approche vous parle et que vous vous posez des questions pour aller un peu plus loin avec moi, vous pouvez me joindre via le formulaire contact. Je suis disponible tout comme beaucoup d’autres thérapeutes dans votre région ! Ce choix est le vôtre et je sais que vous êtes capable de faire le meilleur choix pour vous.
Voyons maintenant ce qui peut vous aider.
Une affaire de vocabulaire…
Comme je l’ai écrit plus haut, il existe beaucoup de thérapeutes différents. Vous vous sentez peut-être un peu perdu-e, sans bien savoir quelles sont les différences entre psychiatre, psychologue et psychothérapeute. Beaucoup de sites sur Internet expliquent déjà les différences entre ces termes alors je vous propose de visiter un des liens cités en bas de page (1).
…pour désigner ce qui est avant tout une relation
Au-delà des méthodes utilisées et des formations, c’est la qualité de la relation qui vous permettra d’aller mieux. Et la relation thérapeutique, comme tout relation, est une co-création qui nécessite un peu de temps pour s’installer.
Si vous vous trouvez (ou vous vous êtes trouvé un jour) dans une situation extrême, dans une situation où il est question de vie ou de mort, vous aurez (avez) peut-être (eu) un psychologue au téléphone, en composant le numéro d’une ligne d’urgence ou en le voyant à l’hôpital. Hormis ce cas de figure, il n’y a pas d’urgence psychologique. La quête d’un ou d’une thérapeute est un processus qui mûrit avec le temps et qui se caractérise par plusieurs étapes.
Je vous propose de nommer les étapes comme suit :
- Dans quel but ? Phase d’introspection. Formuler sa demande.
- Avec qui / comment ? Sélection d’une ou plusieurs approches à tester.
- Période de test / engagement dans une thérapie.
- Vérification interne / ré-évaluation de la situation après quelques séances. Est-ce que je suis bien sûr-e de m’engager et de continuer avec cette personne ?
- Engagement confirmé, arrêté ou reformulation de la recherche.
Pendant la phase d’introspection, au tout début, vous pourrez tenter de répondre à quelques questions comme par exemple « quel est le souci que je veux résoudre ?» ou « qu’est-ce que je veux changer, obtenir ? ». C’est parfois difficile de savoir exactement de quoi l’on a besoin mais si vous parvenez à esquisser un début de réponse, cela pourra vous aider dans votre recherche. En parallèle à ces questions sur vous-même se posent aussi des questions sur l’engagement.
« Dans quelles conditions est-ce que je peux accepter de faire une thérapie ? » Ces conditions peuvent avoir directement trait au thérapeute -comme par exemple vouloir que ce soit un homme, une femme, ou encore une personne qui s’identifie comme non-binaire- mais elles peuvent aussi porter sur la méthode de travail, le lieu de consultation, le tarif… Autrement dit, de quoi ai-je besoin pour que me sentir bien (de consulter) ?
Pour beaucoup de patients, l’une des conditions est d’avoir un-e thérapeute qui lui réponde et qui discute plutôt qu’une personne très silencieuse. Et c’est OK ! En 2022, qu’on soit en ville ou en province, les thérapeutes sont suffisamment nombreux pour qu’il y en ait pour tous les goûts 🙂
Je vous conseille de ne pas hésiter à vous renseigner sur les différentes approches. Psychanalyses, systémie, gestalt, art-thérapie, thérapies cognitivo-comportementales (TCC), sexologie, psychothérapies corporelles etc…Les méthodes et les références théoriques sont souvent visibles dans la description des professionnels sur les annuaires en ligne (2). Les articles que les thérapeutes rédigent sur leur site web peuvent également vous donner un avant-goût.
Au moment de parcourir les profils, sentez s’ils vous donnent envie.
Plus cette personne dégage quelque chose qui vous parle, plus il y a de chance que vous osiez passer à l’étape suivante…Qui est : Le coup de fil !!
Mais juste avant…
« Est-ce que je me sens prêt-e ? Est-ce que je me force… ? »
Personnellement, j’ai entendu depuis ma première année de formation que pour bien accompagner les patients, il était nécessaire de faire un travail sur soi – ce qui est entendu parmi les psychologues comme « suivre une thérapie ». Mais je ne me sentais pas prête ! J’avais d’abord besoin de m’imprégner de la théorie, de vivre ma vie d’étudiante…Et une fois diplômée, je suis allée obtenir de l’aide à une période où j’en avais énormément besoin. J’ai consulté une énergéticienne, un ostéopathe, un autre énergéticien…Et ce n’est que deux ans plus tard que j’étais enfin prête à m’engager dans une psychothérapie. Je ne dis pas que ça aurait été mauvais d’entrer directement dans une thérapie, c’est juste le chemin que j’ai eu besoin de prendre. Mon entrée en psychothérapie a été possible après une période d’exploration des soins corporel et spirituel. C’est tout à fait possible de se faire accompagner par différentes personnes dont les méthodes seront complémentaires ! Surtout si vous savez déjà quels sont vos besoins ou votre diagnostic. Il n’y a pas un chemin unique pour aller d’aucune aide extérieure à un engagement dans une thérapie. Ce petit point n’est pas un prétexte pour rester caché-e…
Si vous êtes entouré-e de proches qui vous conseillent un ou une professionnel-le pour votre propre thérapie, c’est très gentil de leur part ! Le bouche-à-oreille est un bon moyen d’obtenir des informations dans lesquelles placer notre confiance. Cela dit, ce n’est pas parce qu’une personne est bonne pour quelqu’un de votre entourage qu’elle le sera forcément pour vous. Je vous encourage à ne pas foncer tête baissée vers un ou une thérapeute simplement parce que vous avez été conseillé-e.
Si vous êtes un peu, beaucoup ou pas du tout stressé -e… mais que vous vous sentez prêt-e à vous lancer dans une thérapie, vous pouvez prendre contact.
Un appel téléphonique d’abord
Je vous conseille trèèèèèès fortement d’appeler les thérapeutes qui vous tentent plutôt que de prendre rendez-vous en ligne. Un coup de fil permet de poser des questions et d’entendre la voix de l’autre. C’est aussi un bon moyen pour sentir comment cette personne vous accueille et comment elle vous écoute. Cet échange téléphonique vous apportera plus d’indices que les descriptions écrites et les photos que vous avez peut-être déjà vu. Ma toute première consultation en tant que patiente chez un psychologue a été un fiasco que j’aurai évité si j’avais pris le temps de téléphoner d’abord. Et ce genre d’appel ne dure que quelques minutes. Un autre avantage s’ajoute à l’appel téléphonique. Si vous êtes stressé-e dans cette démarche, il y a plus de chance qu’un premier contact par téléphone vous aide à être moins stressé-e le jour du rendez-vous !
Il existe beaucoup de façons différentes de soigner en thérapie. Cela vaut pour les outils tout comme pour la façon de les appliquer. N’hésitez pas à tester différentes approches, et à rencontrer plusieurs thérapeutes différent-e-s ! Si vous vous accordez le temps de rencontrer une à deux voire trois personnes différentes, vous éviterez peut-être l’ascenseur émotionnel que l’on peut vivre lorsque l’on a de grandes attentes qui ne sont pas satisfaites dans la réalité. Et vous aurez acquis une idée de ce que sont les thérapeutes à travers votre propre expérience, pas seulement depuis les représentations qui sont véhiculées dans la société.
La période de test
Tout comme la recherche de thérapeute a nécessité de prendre du temps, il vaut mieux s’accorder quelques séances pour décider si l’on continue ou pas avec le ou la thérapeute qui nous intéresse. Il faut généralement trois séances avant de parvenir à révéler des choses très intimes et à se sentir complètement en confiance. Bien sûr, si le ou la thérapeute vous a fait vous sentir mal à l’aise, a eu une attitude ou des propos discriminants à votre égard dès le début…N’y retournez pas.
C’est OK de changer d’avis, c’est OK d’avoir besoin de chercher encore ou de finalement ne pas se sentir prêt-e. Aucun professionnel-le digne de ce nom ne va s’énerver si vous décidez de changer d’avis après quelques séances.
La thérapie est un cadeau que vous vous offrez à vous-même et à cet endroit, la seule chose qui compte vraiment, c’est que les conditions soient réunies pour que vous puissiez vous offrir le meilleur cadeau.
Même si la relation se passe bien, n’hésitez pas à demander à faire des points d’étapes avec votre thérapeute de temps en temps. Dans la mesure où cette personne en face de vous détient des compétences que vous n’avez pas, et qu’il va se rejouer les dynamiques relationnelles que vous avez connu avec vos premières figures d’autorité (vos parents)…Il y a de grandes chances pour que, naturellement, vous risquiez de ne pas oser poser des questions à propos du contrat qui vous lie. Et le ou la thérapeute, par habitude ou par oubli, ne pensera pas forcément à vous proposer de faire un point d’étape. Si vous ressentez le besoin de discuter du contrat et de la relation thérapeutique, allez-y !
Dans mon expérience, les meilleurs soignants que j’ai vu sont des personnes enthousiastes qui ont de l’humour. En tout cas, de mon point de vue, c’est important que la relation thérapeutique fasse l’effet d’un tremplin. Sans aller jusqu’à être une relation amicale, la relation thérapeutique est tout de même une source de plaisir qui donne envie de continuer à avancer sur son chemin. Le fait de participer à une psychothérapie implique de faire face à sa propre souffrance et à son passé. Ce n’est pas du tout facile. Mais si vous parvenez à trouver un-e thérapeute suffisamment bon (3), cette personne saura vous accompagner dans l’exploration de votre côté sombre tout en vous apportant le soutien nécessaire pour que ce travail courageux vous entraîne vers la guérison. C’est au thérapeute qu’incombe la responsabilité de respecter vos limites, vos capacités et de vous aider.

Une psychothérapie… A quel prix ?
Si vous êtes dans une situation financière très difficile, il existe en France plusieurs lieux où vous pouvez rencontrer un-e thérapeute gratuitement. Vous pouvez obtenir des informations auprès de votre médecin traitant, qui connaît bien les structures de soin et les associations. Il faudra peut-être s’armer de patience parce que les plannings dans ces structures sont souvent bien remplis.
Le tarif d’une consultation varie selon le lieu et peut aussi représenter, du côté du thérapeute, une façon de sélectionner sa patientèle. Le tarif ne donne aucune indication sur les compétences et la qualité du travail fourni ! Certains professionnels n’indiquent pas leur tarif pour des raisons politique ou thérapeutique, ils-elles sont curieux-ses de découvrir quel serait un tarif normal du point de vue de leur patient, et combien cette personne a envie d’investir dans sa santé mentale.
Pour ma part, j’applique un tarif de 80 euros de l’heure parce que je pratique en région parisienne et que ce sont les tarifs habituels pour ce secteur. C’est une somme à titre indicatif qui vous informe tout en laissant la possibilité qu’elle soit différente au cas par cas. Selon certain-e-s thérapeute-s, l’investissement financier des patients en libéral va de pair avec l’investissement dans la thérapie tout court.
Ce que je vous ai conseillé est de l’ordre du bon sens plus que de la psychologie mais j’espère que cela vous aura un petit peu éclairé (si vous en aviez besoin). Il y aurait encore beaucoup de choses à dire mais pour un début, je pense que c’est suffisant.
N’hésitez pas à diffuser cet article autour de vous s’il peut aider, et à me faire des retours par mails si vous en avez envie !
A bientôt,
Fanny Rochereau
Bibliographie/ Ressources :
(1) https://psychotherapie.ooreka.fr/755779/rubrique/755785/les-differentes-ecoles-en-psychologie
Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : les différences | Pratique.fr
(2) Les annuaires en lignes les plus connus pour les francophones sont doctolib.fr et annuaire-thérapeutes.net
(3) L’expression « suffisamment bon-ne » provient du psychanalyste Donald Winnicott (1896-1971). Initialement appliquée à propos de la parentalité, cette expression sert à désigner les mères qui prennent soin de leurs bébés en faisant du mieux qu’elles peuvent à partir de l’écoute des besoins des enfants. Cette expression s’oppose aux parents qui négligent et abusent de leurs enfants. Par extension, je l’ai utilisée pour définir les thérapeutes qui, étant humains et donc imparfaits, ne peuvent au mieux qu’être suffisamment bons envers leurs patients.